Tour d'Italie, 23 mai
au 13 juin 1993
Tonkov
progresse...
Ce printemps, Pavel découvre
les classiques du Nord; il n'aime pas, et revient en forme au
mois de mai, juste avant le Giro, dont il est encore l'un des
outsiders.
Sur
ce Giro, Pavel n'est pas le leader de son équipe; il roule
pour Maurizio Fondriest, qui réalise un très bon
début de Giro et fait parti des grands favoris. Pavel fait
un début de Giro dans un relatif anonymat. Il se place
dans les 15 premiers du général après le
premier contre-la-montre, et récupère "son"
maillot blanc de meilleur jeune au début de Dolomites.
Le lendemain, sur la route de Corvaria Alta Badia, étape
reine de ce Giro, Miguel Indurain décide de passer à
l'attaque. Il accélère le rythme dans la Marmolada.
Seul Chiappucci et... Tonkov peuvent le suivre jusqu'au sommet.
Dans la deuxième montée du Passo Pordoi, Indurain
accélère encore, Pavel souffre beaucoup pour rester
dans sa roue, mais ne craque pas. Indurain roule en tête
toute la fin de l'étape qui va se conclure au sprint.
Pavel
n'y participe pas et termine 4ème. Au classement général,
il est 6ème et passe Fondriest. Quant on lui parle de Tonkov,
Maurizio assure très sérieusement que "Pavel
sera en mesure de gagner le Giro d'ici à deux ans".
Sur ce Giro, Pavel n'attaque pas et on lui donne rapidement le
qualificatif de "diesel", suite à sa résistance
dans les grandes étapes de montagne. Il reste le contre-la-montre
en côte de Sestrières pour départager les
favoris. Pavel réalise une bonne performance, se classant
8ème devant Chiappucci. Le lendemain, vers le sanctuaire
d'Oropa, il dépasse Indurain en difficulté. Pavel
termine ce Giro 5ème et à nouveau meilleur jeune.
Mais certains lui reprochent de ne pas avoir encore remporté
un succès sous le maillot de la Lampre...
Tour de Suisse, 15 au
24 juin
L'homme
fort du Tour de Suisse
Dès l'arrivée
du Giro, l'équipe Lampre s'engage sur le Tour de Suisse.
Sans Fondriest, Pavel peut faire sa propre course. Il va en profiter
pour remporter une étape.
Dès
la première étape, à Affoltern, le peloton
est piégé et Pavel perd 6'. La quatrième
étape mène le peloton en Romandie, à Vevey,
sur les bords du Lac Léman. C'est une étape difficile,
avec le col des Mosses et la côte de Fontaine des Pautex,
15 km avec des passages à 10%. Pavel sort seul du peloton
au pied de la dernière difficulté du jour. Il revient
sur l'homme de tête, Marco Saligari, et parvient à
le lâcher en vue du sommet. Il maintient l'écart
dans la descente et s'impose en solitaire.
"J'ai
attaqué parce que j'avais de bonnes jambes. Après
le Giro, j'avais besoin d'un peu plus qu'un seul jour de repos.
Le premier jour, je me suis fait piéger parce que je n'étais
pas bien". 23ème du général,
et donc trop loin pour la victoire finale, Pavel reporte ses ambitions
sur le classement du meilleur grimpeur, tout autant que sur une
nouvelle victoire d'étape. Le lendemain, il termine 4ème
au sommet de Lienthal.
"Pavel
Tonkov est l'homme fort du moment. Le vainqueur de Vevey est de
nouveau sorti du peloton dans la dernière difficulté
de la journée. Le Russe est supérieur à tout
le monde dès que la route s'élève"
(La Suisse, 20 juin 1993). Son panache impressionne
le peloton car il termine encore 2ème du contre-la-montre
en côte de Bamberg et 3ème au sommet d'Issone. Au
classement final, il termine 5ème à 3' de Saligari
et meilleur grimpeur. Il est cependant à noter que sans
le retard accumulé par le peloton à la première
étape, Pavel aurait gagné ce Tour de Suisse car
il a été le plus régulier sur ces 10 jours
de courses. Il aurait ainsi repoussé Saligari et Zenon
Jaskula à plus de 3'...
Juillet 1993
Victime
d'un accident de la route
Début juillet, de
retour en Italie après le championnat de Russie, Pavel
s'entraîne autour de Bergame, une voiture va lui couper
la route et lui briser sa rotule droite.
"C'est
arrivé près de Bergame, à Sogno plus précisément.
C'était une route très étroite, où
il y a beaucoup de trafic. A l'improviste, une voiture est sortie
d'un parking et je l'ai heurté de plein fouet. A peine
remis du premier choc, j'ai vu tout de suite que ma jambe avait
changé de forme. Je me l'étais cassé en deux
points. La douleur était très forte, mais ce n'était
pas ce qui me faisait le plus peur. Je craignais surtout les conséquences
de cet accident sur la suite de ma carrière. J'étais
terrorisé à cette idée. On a du m'opérer
deux fois". Pavel passe un mois à l'hôpital,
suivi de trois mois d'arrêt complet. Il mettra deux ans
avant de récupérer tous les muscles de sa jambe
droite...